Lettre de l’une de nos fières participantes…
28 September 2010
Chère équipe du Tri-City-Athlon Eurostar,
Plus d'une semaine de passée et j'ai eu
le temps de penser à cet incroyable évènement que vous avez
organisé pour nous. D'ailleurs, dès que j'ai su que ce triathlon
était organisé, je me suis dit que ce serait super d'avoir la
chance d'y participer. Je ne m'imaginais pas à quel point cet
évènement allait être motivant, unique ; cela a probablement
été l'un des plus grands jours de ma vie. Merci pour tout ce que
les différentes équipes ont fait pour que cette compétition puisse
avoir lieu, pour avoir rendu ce jour si formidable et pour m'avoir
donné l'opportunité d'accomplir ce que j'ai réalisé ce jour-là.
Cela m'a ouvert des portes que je n'aurais pas crues possibles
autrement.
Si cela vous intéresse, j'ai rédigé
pour mes proches un résumé de la course et joint quelques
photos.
Encore merci, j'ai vraiment passé un
excellent moment. Cette journée a été une façon spectaculaire de
commencer ma carrière dans le triathlon… Car oui, j'en ferai
d'autres !
Merci,
Sophie.
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Lundi 13 septembre
LONDRES
Arrivée à St Pancras. Je ressens
immédiatement l'excitation dans l'air parmi les concurrents,
organisateurs et supporters. Nous sommes conviés dans le salon
Business Premier et commençons à faire connaissance. Parmi les 20
concurrents de chaque pays qui ont été sélectionnés par des votes
et un jury, des places ont été ouvertes aux titulaires de la carte
blanche (les meilleurs clients d'Eurostar) et aux employés. C'est
amusant d'essayer de deviner d'où viennent les gens et pourquoi ils
ont été choisis. D'où la question « D'où
venez-vous ? ». Et les réponses vont de directeur d'école
d'un quartier défavorisé de Leeds souhaitant motiver ses élèves, à
une femme qui s'est essayée à l'Ironman pour ses 30
ans !
Une fois à bord d'Eurostar, on en
profite pour manger et se détendre, en première classe bien
sûr.
PARIS
À 23 h
00, je suis dans mon lit à Paris, mon kit de compétition
réparti dans trois sacs en plastique (un pour chaque épreuve)
étiquetés avec un gros numéro 50, mon numéro de dossard. Après
avoir fait et refait ses sacs, j'essaye de trouver le sommeil
malgré l'excitation.
Mardi 14
septembre
À 4 h 30 du matin mon
réveil sonne, me donnant une heure pour me préparer et me
concentrer. J'ai prévu du temps pour dérouler la course dans ma
tête, penser aux mouvements et à ce que je veux ressentir en
concourrant, avant que la journée ne commence. Car je sais que je
n'aurai plus un moment à moi par la suite. Mais au réveil je suis
épuisée et mes yeux sont si fatigués que je n'y passe finalement
que quinze minutes avant de descendre pour le petit déjeuner.
7 h 00 du matin - Le
temps d'enfiler ma combinaison et de rejoindre le départ de la
course au bassin de la Villette, je me sens totalement prête,
excitée et impatiente de commencer pour voir comment je vais me
débrouiller.
Deuxième personne à me jeter à l'eau
sur 150, je la trouve plus chaude que lors de ma dernière nage en
eau libre au Royaume-Uni, et je me dirige avec enthousiasme vers la
ligne de départ. La course est grandiose ; elle me prend 23
minutes et 49 secondes et chaque mouvement compte. Au début j'ai
l'impression que beaucoup de participants me dépassent mais je n'y
prête pas attention. La seule chose qui importe est de
m'installer dans un rythme le plus rapide possible pour nager
efficacement et atteindre la ligne d'arrivée. Un triathlète
expérimenté ayant également fait l'Ironman m'a dit quelques heures
auparavant : « N'oublie pas de sentir le parfum des
roses ! ». Alors mon second objectif est de m'amuser, et
je m'amuse !
Une fois le second tour accompli, je
reste en tête des compétiteurs masculins que j'ai doublés, je vois
l'arrivée et je pique un sprint pour l'atteindre. Je ne tiens plus
en place une fois que l'arrivée approche ; j'ai hâte de voir
mon résultat et de terminer cette première épreuve. Je dois faire
des efforts pour me calmer et me concentrer sur mes gestes. Quelque
chose dans le genre : « Sophie, tu n'atteindras l'arrivée
que si tu baisses la tête et nages, alors vas-y ! ».
Quelques secondes plus tard je me tire
hors de l'eau et cours sur le tapis bleu
jusqu'à la ligne d'arrivée. Après avoir attendu
que ma respiration se calme et attrapé une bouteille de Powerade,
je regarde autour de moi et constate qu'il n'y a pas beaucoup de
concurrents de ce côté-ci de la ligne d'arrivée.
J'attrape immédiatement mon appareil
photo pour figer l'après-course avec le triathlète champion du
monde U23 et son frère. Le sourire sur mon visage en dit long. Je
termine en troisième position.
BRUXELLES
11 h 00 du matin -
Après avoir avalé un autre petit déjeuner et autant d'eau et de jus
d'orange que possible, je suis habillée et prête en descendant de
l'Eurostar à Bruxelles. Un trajet en métro et un rapide trajet à
pied et nous sommes au départ de la course, nos vélos alignés dans
l'ordre de nos numéros. Je suis contente de trouver mon vélo prêt
et en parfait état, après l'avoir laissé à Londres deux jours plus
tôt. Les dernières préparations commencent à 12 h 15 et je me
retrouve sur la ligne de départ, me préparant à un nouveau départ
en masse. Ce qui est drôle c'est que quelques minutes avant, je
conseille une autre concurrente… Et il se trouve qu'elle a gagné la
totalité de la compétition (et a dit que mon conseil lui a été
utile) !
La course cycliste est ma meilleure
performance personnelle de la journée. La première fois que j'ai
pédalé à cette allure c'était six semaines avant et je me suis bien
améliorée depuis. Les petits matins et les soirées tardives à
pédaler dans Richmond Park ont vraiment payé pendant la course. Mon
principal souci est de me détendre et de prendre confiance. Sur un
parcours difficile, cela est essentiel.
Il me faut 1 heure 18 minutes pour
parcourir les 40 kilomètres. Je suis aidée par le fait qu'à ce
stade, j'ai quelques supporters pour m'encourager. La seule chose
qui m'importe est de rester devant la plupart des filles et j'ai
l'impression de bien me maintenir. Je termine en cinquième
position. En passant la ligne d'arrivée, on me donne une médaille
et tout à coup je ne peux plus respirer, comme si quelque chose me
serre la gorge. Je pense que c'était peut-être une vague de panique
et essaye de stabiliser ma respiration et de me pencher en avant
pour remettre mon vélo à sa place. Je boite car je suis tombée au
quatrième tour sur les rails du tramway. Un mélange de larmes et de
sueur coulant sur mes joues, j'essaye de me calmer et de sauver la
face devant tous mes nouveaux amis. Je crois que je ne me suis pas
rendue compte à quel point j'ai repoussé mes limites, jusqu'à ce
que j'arrête. Je m'améliorerai de ce côté-là une fois que j'aurai
appris comment courir à l'avenir.
LONDRES
15 h 00 - De nouveau
dans l'Eurostar. Je suis épuisée. M'attend la pire des trois
épreuves : la course à pied de 10 kilomètres. Les rails du
tramway ont fait d'autres victimes ; un poignet cassé pour un
garçon et une commotion pour une fille. Heureusement qu'il n'a pas
plu car cela aurait pu être pire !
Je tente d'avaler un autre repas mais
arrivée au milieu de mes lasagnes mon tour pour un massage arrive.
Je me dépêche de franchir les cinq voitures pour rejoindre ma
masseuse. Waouh ! J'ai cru à une blague lorsqu'on m'a parlé de
massages mais c'est plus que du sérieux :)
Le temps d'arriver à Londres, ma mère
m'attend avec impatience à Regents Park depuis plus d'une heure.
Elle m'aperçoit sur la route, mon sac porté par quelqu'un d'autre.
Je me suis pas mal débrouillée pour que l'athlète olympique Iwan
Thomas me propose de porter mon sac !
18 h 30, la course
commence ! Cette fois-ci mon seul objectif est simple :
arriver au bout au plus vite. Cours vite, cours à la maison, et
prie pour que ta blessure au genou ne te fasse pas trop souffrir.
La course fait trois tours et je me sens bien durant la première
moitié. La seconde moitié n'est pas si bien mais la force que
m'apportent les encouragements de ma famille et de mes amis
présents est incroyable.
Cette fois-ci, c'est le sourire sur
leurs visages qui en dit long. Chaque fois que je passe devant eux,
je gagne un plein d'énergie et je pense à eux jusqu'à ce que je les
voie à nouveau. 52 minutes plus tard, je passe la ligne d'arrivée
de mon premier triathlon, entourée de toutes les personnes à qui
j'ai pensé. Je me sens soulagée et immensément heureuse.
2 jours plus tard, je
découvre mon résultat global : cinquième sur la totalité des
femmes et soixante-cinquième sur 120 concurrents.
Merci de m'avoir lue si vous êtes
arrivés jusqu'ici ! Et merci aussi pour votre soutien et vos
encouragements… C'est ridicule à quel point cela aide quand arrive
le moment critique.
Sophie Roberts